Dans la série « on améliore sa Morgan », comment se fabriquer un coupe-vent !

Bingo! s’écria Monique. Elle venait enfin d’aligner les cinq numéros gagnants de ce loto de village. S’emparant du filet garni tant convoité elle rejoignit Jean-François dans leur résidence picarde propice à d’ingénieuses
réflexions. En effet le couple, bien que Morganiste sincère, s’interrogeait sur l’absence de confort de leur cabriolet, notamment ce léger courant d’air qu’on y trouve parfois, et comment y pallier. Jean-François ressentait depuis le temps quelque raideurs (au cou), Monique aussi.

La cause en était-elle ce vent sournois qui vous prend à revers? La question les tourmentait. Les quelques misérables victuailles jetées sous l’évier, filet vide en main, elle surprit son époux, sur un coin de la table de cuisine, griffonnant d’obscurs croquis. Son regard fixa le filet, dans un moment d’intense réflexion, une formidable création intellectuelle était en oeuvre, et soudain…

Bingo! s’écria-t-il. A cet instant, telle Mona Lisa, Monique découvrit son Léonard de Vinci de mari. Illuminé et fébrile il jeta sur le papier millimétré l’ébauche du projet final. Homme d’action, (Léonard était plutôt glandeur,
lui) il lança : « Demain, on file chez Casto! »

Du filet à moustiquaire, du fil, une aiguille, une bombe de peinture, Jean-François qui souhaitait mettre son oeuvre en valeur avait choisi du jaune fluo. Monique plus modeste a rendu la bombe fluo (ouf). Une paire de ciseaux, des doigts de fée, un trombone ou deux, une épingle de sûreté, un chouia de sens artistique, j’aime beaucoup les petits becs insolents à l’extérieur haut des appui-têtes. Avec en option, l’ingénieux homme me l’a glissé en douce, des câbles, des poulies et des contrepoids.

Avec Jacques, on a découvert l’oeuvre après le MOG Périgord, chez nos amis communs, Martine et Gérard. Imbibés d’écossaises liqueurs (ma copine, Jacques et moi) et gâtés de délicieuses productions périgourdines je dois dire que l’atmosphère était au bonheur et à la franche rigolade. J’ai proposé que l’on partage le bébé avec les amis du club et Jean François, qui est un gars adorable, m’a fourni les photos.

Bon, pourquoi pas ? Je suis assez stupide de perdre les joies du cabriolet en me baladant avec mon hard-top quand l’hôtelier ne peut pas le stocker. Mais j’aime ma Morgan comme ça. Mon attitude est incohérente et beaucoup me le font remarquer. Ton astucieuse idée nous a franchement fait passer un bon moment, merci.

Jean Marie Petit, le révérend